Nouveautés

  • Si, avec la Révolution française, la liberté est advenue comme « un discours intime, personnel » (Jacques Lacan), comment a-t-il pu se faire que, sur cette intimité, les psychanalystes s’en soient tenus à un silence presque absolu ?
    Prudent, Lacan mit la liberté tout doucement sur la sellette.
    On en imagine aisément le motif. À seulement prononcer le mot « liberté », les esprits flambent, les cœurs battent, tandis qu’affluent les préjugés.
    Seulement voilà, un tel motif n’est pas une raison ; et se taire se paye d’un prix élevé, donne à croire que tout dans la psychanalyse (son exercice, sa doctrine) relève de la nécessité.

    La Scène lacanienne et son cercle magique s’emploie à lever cette hypothèque.

  • Spy 2017 met plus particulièrement à l'épreuve, la transformation de la psychanalyse en spycanalyse, et ce dans le sillage de la Réponse à Michel Foucault  de Jean Allouch.
    Ce cinquième numéro s’ouvre sur un texte posant en titre la question de savoir ce que serait une politique résolument lacanienne. La réponse est freudienne en ce qu’une telle politique serait inconsistante si l’interprétation des rêves venait à être négligée.
  • L’érotique ne se prête pas à être conçue de façon simplement unitaire. Plusieurs l’ont admis et, parmi eux, Platon, Lacan, Foucault, Rubin. On le vérifiera ici sur les deux premiers nommés. Quelle serait donc la raison d’une telle partition ? Sans préjuger d’autres réponses possibles, on présente ici celle que Lacan indiquait, non pas sous la forme d’un discours soutenu, mais par touches successives ici et là dispersées, après qu’a été reconnue l’inexistence du rapport sexuel. Ainsi s’éclaire la question proprement psychanalytique (quoique d’allure philosophique) : pourquoi y a-t-il de l’excitation sexuelle plutôt que rien ?
  • La psychiatrie hospitalière est chaque jour plus dépendante d’exigences qui ne relèvent pas d’elle (financières, institutionnelles, légales), accentuant ainsi les effets délétères des pouvoirs médical et administratif. Dimitri Kijek en démonte les mécanismes pour mieux y résister.
    On entrera avec lui dans le pavillon d’admission d’un grand hôtel psychiatrique, en butte à d’importantes difficultés de fonctionnement. Le récit de l’intervention qu’il y mena deux années durant remplit une fonction critique ; il met au jour les impasses de pratiques théoriques héritées de la médecine du XIXe siècle.
    L’individu psychiatrisé n’est pas partout condamné à cette folie de la norme qui tend à promouvoir une subjectivité préformatée. Il reste possible de la déjouer en mobilisant des outils psychanalytiques, antipsychiatriques et schizo-analytiques.
  • En extrayant son Moïse du marbre, Michel-Ange savait-il qu’un certain Sigmund Freud allait bien plus tard danser autour ? Il s’ensuivit un article publié incognito, sans que son auteur en ait jamais donné la raison.
    Un détail intéresse tout spécialement Freud : le mouvement de la main droite de la statue, qui la sort de l’immobilité du marbre et dont la trace subsiste dans le cordon de barbe du prophète.
    Ayant élu une sculpture, Freud pouvait-il en rendre compte comme il l’avait fait pour le rêve, le symptôme, le mot d’esprit, par une interprétation d’ordre symbolique ?
    C’est bien plutôt un certain espace que découvre ici George-Henri Melenotte, où se meuvent Freud et Moïse, cet espace entre à propos duquel Lacan avait discrètement fourni de précieuses indications.
  • Les Nouveaux Cahiers pour la folie poursuivent leur navigation avec un septième numéro : Radophonie. Dans une période où tout concourt à faire taire les voix de la folie, et jusque dans les milieux psychiatriques, ils publient des contributions de personnes impliqués dans les différents bords de la folie et, pour certaines, interpellées par leur lecture des précédents numéros.