Nouveautés

  • Les Nouveaux Cahiers pour la folie ont fonction de passerelle. Ils font circuler des textes et des images provenant de diverses personnes impliquées dans les différents bords de la folie. Ils ne sont l’émanation d’aucune institution. Ils visent simplement à recueillir dans leur polyphonie des « voix » qui se rapportent à la folie et qui sont résolues à ne pas se taire.
  • Crée en 2013, la revue annuelle Spy publiée par Epel fait paraître son sixième.
    Sa ligne d’ensemble inscrit la psychanalyse dans un mouvement explicitement foucaldien. À l’endroit de la psychanalyse, la revue fait montre de ce que Michel Foucault a pu appeler « une indocilité réfléchie ». Ce numéro s’ouvre sur une étude critique de la publication en 1966 des Écrits de Jacques Lacan, lesquels avaient donné lieu à la publication de plus d’un texte parmi ses lecteurs. La plupart de ces textes ont été, il y a peu, réunis par Epel dans un Lacan 66, Réception des Écrits.
    Sans dévoiler plus le contenu de ce numéro, indiquons que la revue publie aussi depuis plusieurs numéros, des textes en anglais et en espagnol.
  • « S’agit-il d’un mysticisme ? » Il n’est pas un seul lecteur attentif de l’œuvre lacanien qui ne se le soit demandé au moins une fois.
    Sainte Thérèse d’Avila en couverture du séminaire Encore, est-ce à bon droit ? Ou bien plutôt la porte ouverte à une méprise ?
    Que va donc chercher Lacan chez les mystiques ? En quoi sentiment océanique, rhétorique de l’abîme, exaltation du désir de Dieu, volonté d’anéantissement, ont-ils contribué à façonner ses propos ?
    Jean-Louis Sous mène ici l’enquête.
  • Schizomètre est le nom que Marco Decorpeliada donnait à ses œuvres, qui ont déjà fait l'objet d'une publication par les éditions Epel en 2010. C'est aussi le nom d'une révolte, celle d’un artiste interné à plusieurs reprises dans différents hôpitaux psychiatrique, face à son épinglage sur la toise des diagnostics psychiatriques issus du DSM (Diagnostic and Statistic Manual of Mental Disorders). Il découvre alors que les codes du DSM sont les mêmes que ceux utilisés pour décrire les surgelés Picard. Mieux encore, il démontre que le catalogue Picard surgelés est plus puissant que le DSM pour décrire les maladies mentales !
    Les plus grands spécialistes de l’œuvre de Marco Decorpeliada sont réunis dans cet ouvrage pour évoquer les effets des découvertes de cet artiste inclassable et hors du commun dans des domaines aussi variés que la psychanalyse, la littérature, l'histoire de l'art, les sciences de gestion, la comptabilité et la chimie moléculaire. Convaincu que le roman-photo est un genre narratif sous-exploité, Benoit Vidal, explore avec L'effet schizomètre les potentialités de ce média (lui aussi difficilement classable) au service du documentaire.

    Benoit Vidal a également publié Pauline à Paris (éd. Flblb 2015), ouvrage historique mêlant photographies et images d’archives.

  • Quel enfant, quel jeune homme, quel homme jeune fut Jacques-Marie Lacan ?
    Jorge Baños Orellana tente ici un roman d'apprentissage tel que Goethe l’a conçu. À partir d'une masse considérable de documents dispersés ou inédits, il donne voix aux différents acteurs du puzzle familial, social et intellectuel.
    Du grand-père Charles Baudry au beau-frère André Masson, de l'ami Ferdinand Alquié à l'amante Victoria Ocampo, de l’agitateur Georges Bataille au surréaliste Salvador Dali, ceux-là et quelques autres auront, nolens volens, aidé le héros à trouver son chemin.
    L'invention narrative prend des risques constants, s’égaye en scènes savoureuses, évitant ainsi la fadeur des lectures anachroniques et les œillères du rationalisme rétrospectif.
    Comment un neuropsychiatre, tiraillé entre l’hôpital Sainte-Anne et l’Infirmerie de la préfecture de Police, s’est-il métamorphosé en psychanalyste ?
  • « Une nuit, après des semaines de souffrances épouvantables, désespéré, une horrible pulsion me saisit, m’ordonnant de détruire celle qui, par-dessus tous les êtres vivants, méritait le plus mon amour. Je m’enterrai sous les draps et luttai contre cette pulsion démoniaque jusqu’à ce que le lit se mette à trembler. Mais elle gagnait toujours en force. C’était incontrôlable. J’ai fermé les yeux et baissé la tête, par peur de la voir, et je me suis précipité hors de la maison. Pieds nus et sans vêtements, excepté une chemise de nuit, j’ai couru dans les rues jusqu’au commissariat de police et je les ai implorés de m’enfermer. »
    Et ce fut au Glasgow Royal Asylum for Lunatics at Gartnavel, vu par lui comme un « baraquement pour banditi », que James Frame, l’estomac habité par un esprit malveillant, écrivit ce traité de la folie.
    Un classique de la psychothérapie institutionnelle, notamment chez les Anglo-Saxons, traduit de l’anglais par D. F. Allen, M.-H. Brunel, F. Hercouët, Ch. Tanguy.
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  • Pour avoir porté l’accent sur le signifiant, Lacan a-t-il du même pas fondé une nouvelle acception du signe ?
    On le saura en élucidant le concept d’ « effet de sens », présent ici et là dans quelques séminaires, puis en le faisant jouer au travers d’espaces discursifs parfois fort éloignés de l’analyse.
    Cela, Freud l’a rendu possible, car l’association d’idées va bien au-delà de la relation thérapeutique où elle est censée s’exercer.

    Guy Le Gaufey poursuit ici son exploration de cette question pour lui première : Freud et Lacan ont-ils en partage le même
    « objet » ?

  • Si, avec la Révolution française, la liberté est advenue comme « un discours intime, personnel » (Jacques Lacan), comment a-t-il pu se faire que, sur cette intimité, les psychanalystes s’en soient tenus à un silence presque absolu ?
    Prudent, Lacan mit la liberté tout doucement sur la sellette.
    On en imagine aisément le motif. À seulement prononcer le mot « liberté », les esprits flambent, les cœurs battent, tandis qu’affluent les préjugés.
    Seulement voilà, un tel motif n’est pas une raison ; et se taire se paye d’un prix élevé, donne à croire que tout dans la psychanalyse (son exercice, sa doctrine) relève de la nécessité.

    La Scène lacanienne et son cercle magique s’emploie à lever cette hypothèque.

  • Elfriede Hirschfeld fut cette patiente dont Freud avoua sur le tard qu'elle avait été " son fléau, son plus grand tourment ". Il en parle à ses proches : Jung, Ferenczi, Bleuler, Andréas-Salomé, l'adresse à Pfister, Abraham et Binswanger, tandis qu'il dissimule ce cas au fil de ses écrits et sa correspondance.
    Outre sa pathologie luxuriante, elle avait fait l'objet d'une prophétie qui relança chez Freud l'énigme du transfert de pensées - cette troublante proximité de l'inconscient et du savoir occulte. Jones ne voulait pas en entendre parler, Jung s'y déplaçait avec aisance, Ferenczi y déployait sa curiosité, et Freud… ne parvenait pas à prendre parti.
    En reconstituant ce puzzle, Gloria Leff démêle les embarras transférentiels de Freud et rend compte de sa valse-hésitation avec l'occulte.
  • L’érotique ne se prête pas à être conçue de façon simplement unitaire. Plusieurs l’ont admis et, parmi eux, Platon, Lacan, Foucault, Rubin. On le vérifiera ici sur les deux premiers nommés. Quelle serait donc la raison d’une telle partition ? Sans préjuger d’autres réponses possibles, on présente ici celle que Lacan indiquait, non pas sous la forme d’un discours soutenu, mais par touches successives ici et là dispersées, après qu’a été reconnue l’inexistence du rapport sexuel. Ainsi s’éclaire la question proprement psychanalytique (quoique d’allure philosophique) : pourquoi y a-t-il de l’excitation sexuelle plutôt que rien ?
  • En extrayant son Moïse du marbre, Michel-Ange savait-il qu’un certain Sigmund Freud allait bien plus tard danser autour ? Il s’ensuivit un article publié incognito, sans que son auteur en ait jamais donné la raison.
    Un détail intéresse tout spécialement Freud : le mouvement de la main droite de la statue, qui la sort de l’immobilité du marbre et dont la trace subsiste dans le cordon de barbe du prophète.
    Ayant élu une sculpture, Freud pouvait-il en rendre compte comme il l’avait fait pour le rêve, le symptôme, le mot d’esprit, par une interprétation d’ordre symbolique ?
    C’est bien plutôt un certain espace que découvre ici George-Henri Melenotte, où se meuvent Freud et Moïse, cet espace entre à propos duquel Lacan avait discrètement fourni de précieuses indications.